Avoir trop de projets, trop d'idées, trop d'envies simultanées. On appelle ça de la dispersion. Mais pour un multipotentiel, c'est souvent autre chose — et la confusion entre les deux coûte très cher.
Il y a un moment que beaucoup de multipotentiels connaissent bien. Celui où l'on regarde la liste de ce qu'on a lancé, commencé, envisagé — et où l'on se dit qu'on est décidément incapable de tenir le cap.
Trop de projets ouverts. Trop d'onglets dans le cerveau. Trop d'idées qui arrivent au mauvais moment. Et cette sensation d'être toujours en retard sur soi-même, même quand on travaille énormément.
On appelle ça de la dispersion. Et cette étiquette fait des dégâts.
Dispersion et multiplicité ne sont pas la même chose
La dispersion, au sens strict, c'est une absence de priorité. Un mouvement sans direction. De l'énergie qui se répand sans s'accumuler nulle part.
Ce que vivent beaucoup de multipotentiels, c'est différent. C'est une surcharge de directions valides simultanées. Chaque projet est réel. Chaque idée a du sens. Chaque engagement mérite d'exister. Le problème n'est pas l'absence de cap — c'est qu'il y en a trop à la fois, et qu'aucun système n'a été conçu pour tenir cette complexité.
Confondre les deux, c'est appliquer la mauvaise solution. On essaie de se discipliner, de se forcer à choisir, de "faire moins". Et ça ne marche pas — parce que le problème n'est pas le nombre de directions. C'est l'absence de structure pour les contenir.
Ce que la surcharge révèle vraiment
Quand un profil multipotentiel est en surcharge chronique, ce qu'il exprime en général c'est ceci : je n'ai pas encore trouvé comment organiser ce que je suis de façon à ce que ça fonctionne.
Pas un défaut de caractère. Pas un manque de volonté. Un manque de système adapté.
Les outils de productivité classiques sont conçus pour des gens qui ont un métier, une direction, un type de tâches récurrent. Ils fonctionnent bien pour eux. Pour un multipotentiel qui travaille sur cinq types de projets différents, qui change régulièrement de priorité selon les saisons ou les opportunités, qui a besoin de variété pour maintenir son niveau d'énergie — ces outils créent souvent plus de culpabilité qu'ils n'apportent de clarté.
Le rapport au travail comme question identitaire
C'est là que le sujet dépasse la productivité.
Comment tu travailles dit beaucoup sur comment tu te vois. Si tu passes ton temps à te juger pour ta façon de fonctionner — à te comparer à des standards qui ne sont pas faits pour toi — tu consacres une partie non négligeable de ton énergie à te battre contre toi-même.
Cette énergie-là est perdue deux fois : une fois parce qu'elle ne produit rien, une autre parce qu'elle épuise.
Travailler avec sa nature plutôt que contre elle n'est pas un conseil vague. C'est un travail concret, qui commence par observer honnêtement comment tu fonctionnes réellement — pas comment tu penses que tu devrais fonctionner.
Ce que j'observe chez ceux qui s'en sortent
Les multipotentiels qui arrivent à travailler de façon fluide et productive ont souvent fait la même chose : ils ont arrêté de chercher LE système et ont commencé à construire LEUR système.
Un système qui tient compte de leurs cycles d'énergie. De leur besoin de variété. De la façon dont leurs projets se nourrissent les uns les autres plutôt que de se concurrencer. De ce qui les recharge versus ce qui les vide.
Ce n'est pas plus simple. Mais c'est beaucoup plus durable.
Hanane Risayindi accompagne les entrepreneurs multipotentiels à Bruxelles et partout en Belgique à construire un rapport au travail qui leur ressemble.
Questions fréquentes
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