Pendant des années, j'ai présenté mes différentes facettes comme des défauts à corriger. Jusqu'au jour où j'ai compris que ce que je croyais être mon problème était en réalité ma nature.
Il y a une phrase que j'ai dite des dizaines de fois dans ma vie, avec des mots différents mais le même fond :
"Je sais, c'est un peu compliqué à expliquer."
Chaque fois que je devais me présenter. Chaque fois que quelqu'un me demandait ce que je faisais. Chaque fois que je sentais que la richesse de ce que j'étais ne rentrait pas dans la case qu'on m'offrait.
J'anticipais l'incompréhension. Et en l'anticipant, je la produisais moi-même.
La honte tranquille d'être trop
Il ne s'agit pas d'une honte bruyante. Pas d'une crise. Plutôt d'un inconfort de fond, discret, qui s'installe progressivement quand on a grandi dans un système qui valorise la spécialisation.
L'école te demande de choisir une filière. Le monde du travail te demande de choisir un métier. Les formulaires te demandent de cocher une case. Et quand tu en coches plusieurs, ou quand aucune ne te convient vraiment, tu reçois un signal clair : tu compliques les choses.
Alors tu apprends à simplifier. À te résumer. À présenter une version appauvrie de toi-même pour faciliter la vie des autres. Et à force de le faire, tu finis par croire que cette version appauvrie est la vraie — et que le reste est du bruit.
Ce que j'ai mis du temps à comprendre
La multiplicité n'est pas un défaut de conception. C'est une architecture différente.
Les profils multipotentiels ne pensent pas moins bien que les autres. Ils pensent autrement. Ils font des connexions que les autres ne voient pas. Ils s'ennuient plus vite — pas par légèreté, mais parce qu'ils ont besoin de nouveauté pour rester en mouvement. Ils ont plusieurs vies à l'intérieur d'une seule, et c'est une richesse réelle.
Mais cette richesse ne se voit pas d'elle-même. Elle a besoin d'être nommée, structurée, assumée.
Et le premier pas, avant même la structuration, c'est de cesser de s'en excuser.
Ce qui change quand on arrête de s'excuser
Quand j'ai arrêté de préparer l'interlocuteur à être déçu par ma complexité, quelque chose d'étrange s'est produit. Les gens ont commencé à être curieux plutôt que perplexes. Pas tous — mais ceux qui comptaient.
Parce qu'une personne qui assume ce qu'elle est dégage quelque chose qu'une personne qui s'excuse ne peut pas dégager : de la solidité.
L'excuse produit du doute. L'assomption produit de la confiance.
Et ce n'est pas une question de technique ou de formulation. C'est une question de rapport intérieur à ce qu'on est.
Par où commencer
Si tu te reconnais dans ce texte, la première chose n'est pas de changer ta façon de te présenter. C'est de regarder honnêtement combien de fois par semaine tu t'excuses d'être ce que tu es — explicitement ou implicitement.
Dans une réunion. Dans un email. Dans un post LinkedIn. Dans une conversation informelle.
Ce comptage, s'il est honnête, est souvent une révélation.
Hanane Risayindi, fondatrice de Websait, accompagne depuis plus de dix ans les entrepreneurs multipotentiels en Belgique à assumer et structurer ce qu'ils sont.
Questions fréquentes
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